Cette année 2010, une artiste bien connue des liégeois fête ses dix ans de créations ! Myriam Falisse, qui a reçu les honneurs de plusieurs magazines féminins belges, crée toujours ses toiles avec autant de patience et sa -désormais célèbre- technique innovante :
des toiles acryliques en relief mises en valeur par de subtils jeux d’ombre et de lumière...
Quel est ton parcours ?
"J’ai travaillé un peu dans la déco... j’ai fait deux ans de dessin. Puis je suis revenue à la déco, un peu avant mes quarante ans, et c’est en refaisant de la déco que j’ai recommencé à faire des toiles. J’ai fait la décoration de l’institut de beauté de Valérie Descamps (à Liège). Tout était blanc, très zen... et elle m’a demandé d’introduire de la couleur dans les boiseries. Je lui ai proposé de le faire avec des toiles... personnelles. C’est comme ça que j’ai mis au point ma technique et c’est vraiment parti de là ! J’ai testé ce que j’ai imaginé... et j’ai réussi ! Au vernissage, mes toiles ont remporté un tel succès que je me suis lancée pour une expo! Cela fait dix ans maintenant !"
Quelles sont les difficultés que tu as rencontrées ?
"À mes débuts, comme je voulais être certaine que mes toiles seraient solides dans le temps, j’en ai cassé volontairement une pour voir comment ça résistait.... Je voulais une garantie !
Au départ, je faisais une à deux expos par an et j’ai eu la chance d’avoir la presse qui en a beaucoup parlé. J’avoue que ça m’a ouvert des portes pour mes expos... La difficulté, pour tous les artistes, c’est de rester passionné... parce que pour vivre de son art, surtout au début, ce n’est pas évident !"
Tu as une technique particulière ?
"Oui, et pour le moment, je suis toujours la seule à le faire. C’est une pâte que je prépare à base d’acrylique. Elle est molle et je la travaille avec un petit couteau à sculpter pointu, épaisseur par épaisseur. La pâte durcit à l’air et adhère ainsi à la toile. C’est un travail de patience qui peut durer plusieurs jours. Et je travaille deux à trois toiles à la fois. Comme cela, j’arrive à avoir le relief... et obtenir un jeu d’ombre qu’on travaillera avec la lumière."
Au début, tu travaillais beaucoup avec du blanc ?
"
Avec du blanc et de l’anthracite. Après, j’ai amené de la couleur vive... que je continue un peu à faire, mais ce n’est pas mon grand créneau. J’ai amené du brun, de l’argenté... mais c’est vrai que ma préférence va encore au blanc !"
Pourquoi cette couleur plus qu’une autre ?
"C’est pour moi une couleur apaisante. Avec les turbulences de la vie (plusieurs décès autour de moi), et mon enfance (je viens d’une famille de neuf enfants), j’ai besoin de choses « zen ». C’est comme ici, dans la décoration de ma maison, j’ai besoin de choses reposantes comme l’éclairage à la bougie, le blanc qui met en valeur les formes. Et puis j’aime les jeux d’ombre et de lumière...".
Tu te définis toi-même comme une perfectionniste ?
"Oui... J’aime que ce soit toujours impeccable mais je crois que c’est dans mon caractère ! Je le fais à fond ou je ne le fais pas !"
Comme beaucoup d’artistes, tu fais ta promotion toi-même ?
"Je ne fais pas de concours... parce que c’est un peu réservé aux jeunes. Ayant commencé à quarante ans, j’ai... on va dire « dépassé un peu l’âge » ! Jusqu'à présent, j’ai travaillé mes propres expos surtout sur Liège, Bruxelles et Paris".
Quel est l’artiste que tu admires le plus ?
"Jean-Michel Folon... mais plus par son personnage que son travail parce que j’ai eu la chance de le rencontrer de son vivant, alors que j’étais jeune étudiante en dessin. Je l’ai rencontré par hasard près de l’Holiday Inn, à Liège. On s’est promené ensemble en discutant longuement. Il m’a donné rendez-vous le lendemain pour son vernissage au Musée d’Art Wallon... C’est quelqu’un qui m’a marquée énormément ! Je devais le revoir... c’était six semaines avant son décès... un rendez-vous manqué...".
Chaque année, tu ouvres ta maison au « Parcours d’Artistes » ?
"
Oui, le week-end de Pentecôte. C’est comme une tradition. Les gens aiment voir le lieu où travaille l’artiste... et ça a beaucoup de succès !"
Quel a été ton plus grand défi ?
"Le défi qui m’a le plus contentée, c’est le contact avec les journalistes... et tous les articles de presse que j’ai pu avoir dans Marie-Claire, Victoire, Paris Match, L’événement, le Vif L’express, Ness... Maintenant le plus grand défi futur, ce serait de travailler avec des galeries à l’étranger ! Je croise les doigts...".
Il y a un endroit où tu rêves d’exposer ?
"Un rêve ? Le Musée d’Art Moderne de New York (rires) ! Je ne le connais même pas mais je rêve depuis toujours de le visiter...".
Si tu devais te décrire, en quelques mots ?
"Je suis quelqu’un de positif... Je suis toujours à la recherche de zénitude. Mais je prends les choses comme elles viennent et je ne me tracasse pas beaucoup !"
Des projets pour 2010 ?
"J’ai une expo en mai, à la Médiacité de Liège ; le Parcours d’Artiste, à la Pentecôte ; et j’expose encore chez « Vivre contemporain », à Nandrin ; je continue ma galerie sur le boulevard d’Avroy. Et là, je travaille pour tout ce qui est l’après vacances d’été..."
Clic droit sur le site de : Myriam Falisse
Galerie, sur rendez-vous, au boulevard d’Avroy 138 -Liège 4000-