Tina Russillo, aromathérapeute

Si les petites bouteilles de l'aromathérapie sont bien jolies et tentantes, ce n'est pas un jeu où l'on peut s'improviser apprenti médecin! Tina RussilloC'est auprès de Tina Russillo, aromathérapeute de renom, que Cité des Femmes s'est informée... avant de partir en vacances.

Et nous vous conseillons maintenant d'acheter des produits de bonne qualité pour une efficacité maximale... et de fuir les huiles essentielles qui sont coupées avec des huiles de très mauvaise qualité et donc d'une efficacité moindre! Les huiles essentielles sont de grandes alliées du quotidien mais délicates à manipuler et il faut impérativement respecter la qualité, la posologie et la durée du traitement.

Quelle est l’utilité de l’aromathérapie?

"L’aromathérapie, c’est une approche qui fait partie de la santé holistique. C’est pouvoir considérer l’humain dans sa globalité, dans sa dimension physique, psychique, spirituelle et même sociale. Ce qui est intéressant avec l’aromathérapie, c’est que dans une huile essentielle on a tout une structure de molécules chimiques qui appartiennent à diverses familles biochimiques avec chaque fois de nombreuses qualités. Mais il y a aussi tout le côté psycho-émotionnel qui a son importance pour affiner le traitement. Et le côté prévention c’est, pour moi, une approche qui fait partie de la santé, du bien-être dans le quotidien de chacun. Et je dois bien dire que l’amateurisme ne fait pas bon ménage avec l’aromathérapie! Il ne faut jamais faire des mélanges quand on ne s’y connaît pas ou qu'on ignore les contre indications! J’insiste pour qu’on demande conseil. Une diarrhée, par exemple, peut être coupée par une basilique ou un estragon, mais quand c’est plus important on va sur un phénol. Un phénol est pourtant plus dangereux à utiliser donc... ne pas hésiter à demander conseil! On vulgarise beaucoup l’aromathérapie alors que c’est une approche scientifique d’abord, et il faut connaître ou être informé par quelqu’un qui maitrise la biochimie des huiles essentielles".

Il y a des huiles plus adaptées à l’hiver et d’autres à l’été?

"Tina RussilloOn va dire qu’il y a des huiles essentielles qui décongestionnent tout le système respiratoire et qui peuvent être utilisées quand le petit bobo est là, le rhume, la toux, la grippe, mais également au niveau prévention. Il y a des huiles qui sont immunostimulantes et qui vont être appliquées au niveau des surrénales et de la voûte plantaire, que ce soit pour l’enfant ou pour l’adulte. Et puis, vers février ou mars commencent les allergies... L’hiver, on me demande des huiles pour ce qui est viral, respiratoire ou la fatigue. Ce sont des oxydes, les familles biochimiques comme l’eucalyptus radié, le ravintsara, le niaouli, le bois de rose, le pin sylvestre, ne fusse que en diffusion à la maison, vont pouvoir nous aider au niveau prévention immunité, et chez l’adulte et chez l’enfant".

Il y a des huiles interdites pour les enfants?

"Tout à fait! Il y a des familles biochimiques qui ne sont pas du tout recommandées pour les enfants, ni pour la femme enceinte ou allaitante. Et là, il n’y a qu’une formation en grossesse et pédiatrie qui va donner l’outil nécessaire. Bien demander là où vous achetez l’huile essentielle... la menthe poivrée, par exemple, on ne peut pas la donner à un enfant, le clou de girofle (pas pour l’enfant sous 10 ans), la cannelle, la sarriette, le clou de girofle, ce sont des huiles neurotoxiques, dermocaustiques et même hépatotoxiques et ce n’est vraiment pas recommandé aux petits! Le bois de rose, la mandarine, sont plutôt utilisées en calmant, le fenouil pour la digestion, la lavande vraie aussi. Je mets toujours en garde mes élèves parce qu’on ne peut pas faire de la pédiatrie comme ça!"

Et les huiles s’utilisent pures ou diluées?

"Il y a certaines huiles que l’on peut utiliser pures sur la peau et d’autres qui sont dermocaustiques. Dans ce cas, on va trouver un support comme une huile végétale (amande douce, avocat, argan, macadamia, etc.) dans laquelle on va mettre quelques gouttes d’huiles et faire une synergie, un mélange des différents composants".

Bientôt les vacances, que conseillez-vous d’emporter dans la trousse de voyage?

"Une huile essentielle qui s’appelle "le tea tree", en latin le Melaleuca Alternifolia, qui est un très bon antibactérien et antiseptique et qui est utilisé pour la peau contre les petits bobos mais aussi pour l’hygiène buccale, pour les gencives, contre les aphtes (une goutte ou deux sur la brosse à dent) et contre les piqûres d’insectes aussi! Et puis, si on a des enfants qui ont le mal du voyage, on peut utiliser un hydrolat ou une essence de Citrus limonum. Pour les problèmes circulatoires, Tina Russilloon peut mettre sur la plante des pieds et remonter jusqu’aux genoux le bois de cèdre, la lavande vraie, ou le lavandin. Ce sont des toniques du système veineux et qui vont empêcher l’œdème (si on reste assise en avion, en voiture pendant longtemps). Et puis surtout ne pas oublier l’hydrolat de lavande ou de camomille... l’hydrolat qui est une eau issue de la distillation de la plante. Elle est intéressante dans la trousse (pour l’enfant ou l’adulte) comme tonique et rafraîchissant du visage, pour un mal de voyage, une problématique de la peau, les gonflements, les coups de soleil. Aussi une bonne huile végétale pour réhydrater la peau après le soleil comme une huile vierge de jojoba ou une huile vierge de rose musquée. Pour le mal de tête (stress du voyage), de la lavande vraie sur les tempes, pour une migraine hépatique (trop d’alcool ou trop mangé), une basilique exotique. Et pour arrêter les saignements, le géranium rosat (à appliquer en externe). Contre la contracture, la douleur d’une sciatique, l’eucalyptus citronné (anti-inflammatoire) mais aussi l’huile essentielle de lavande ou de lavandin pour tout ce qui est contracture musculaire. Et puis l’hélichryse italienne est extraordinaire contre l’hématome, c’est une huile onéreuse mais intéressante pour la peau avec des résultats spectaculaires! Contre les moustiques, la citronnelle -soit seule soit en synergie-, le géranium rosat, l’eucalyptus citronné qui sont toutes des répulsives".

On a des huiles pour tout, pour parfumer, pour soigner, pour cuisiner...

"... à diffuser (pour parfumer l’air et induire une ambiance olfactive), pour l’hydratation du corps, pour le thérapeutique, pour le bain, pour la voie interne (certaines), en déodorant aussi, et des huiles essentielles qu’on va utiliser en ovules ou en suppositoires".

Pourquoi avez-vous choisi l'aromathérapie?

"J’avais vraiment envie de soigner les personnes et de les former dans tout ce qui est thérapeutique alternatif. Il y a une dizaine d’années que je suis dans le circuit. C’est à la suite d’un grand bouleversement dans ma vie que j’ai définitivement opté pour cette approche. Mais aussi des soucis de santé, chez ma fille et moi, m’ont vraiment démontré combien il est intéressant d’avoir une certaine vision de la vie et de la santé. L’important, c’est d’avoir le choix, de pouvoir recevoir les bienfaits d’une approche allopathique et alternative".

Où peut-on se procurer vos huiles?

"En 2005, j’ai créé une gamme d’huiles essentielles qui porte mon nom. Ce sont des synergies, je ne vends pas d’unitaires. Ce que je préfère c’est la recherche, la formule, l’association de ces molécules aromatiques et de leur impact quand elles sont mises ensemble. J’ai un site internet où on peut commander. Ici (à Liège), il y a des magasins qui vendent mes produits comme "La Maison des Plantes" (Galerie Opéra), "Les Prés d’Or" (Outremeuse) et "La Pharmacie du Jardin Botanique". Je donne également des formations sur cycle court et cycle long. Il y a des formations (grand public ou professionnelles) chaque année au Château Massart (à Liège), à l’Auberge de Jeunesse (à Namur), en Promotion Sociale (à Huy) et d’autres formations dans le milieu hospitalier mais tout est indiqué sur mon site www.tinarussillo.com".

Brigitte Mairiaux, 08/06/2009