Parce que nous vivons dans un monde avant tout basé sur l'image, un jour ou l'autre il est nécessaire de s'interroger sur notre présentation.
À moins d'être douée dès la naissance pour l'association des couleurs, force nous est de reconnaître que ce n'est pas le cas pour la plupart d'entre nous! Pour vous (et pour moi, je l'avoue) j'ai testé et approuvé les conseils de Stéphanie Rochette, conseillère en image personnelle!
Parce qu'"on n'a jamais une seconde chance de faire une première bonne impression", si nous voulons cet emploi, si nous voulons séduire un homme (ou une femme), si nous voulons être bien dans notre corps comme dans (et avec) notre tête, mettons toutes les chances de notre côté!
Quel est votre métier et pour qui exercez-vous?
"Je suis formatrice et conseillère en image personnelle. J’utilise les acquis du conseil en image pour en faire des formations basées essentiellement sur l’image de soi, la confiance en soi et l’estime de soi. Je travaille avec différents publics : premièrement, les demandeurs d’emploi qui sont en formation en alternance ou au Forem, où là j’utilise les techniques du conseil en image pour aider à la présentation et à l’entretien d’embauche. Deuxièmement, les publics défavorisés (émanant du Centre Public d'Aide Sociale) où là je base essentiellement les techniques du conseil en image pour permettre aux gens de retrouver de l’assurance, de la confiance en eux, du bien-être mais aussi de se réapproprier leur image et leur corps... parce que les accidents de vie, qu’ils ont pu traverser, leur ont fait perdre beaucoup à ce niveau-là. Troisièmement, les créateurs d’entreprise où j’utilise toujours les techniques du conseil en image dans l’objectif d’être en adéquation avec le projet qu’on veut développer, histoire que l’image que l’on émane (quand on se présente, en tant que porteur de projet) soit directement en adéquation et donc mette en confiance les interlocuteurs qu’on rencontre lors des différents stades de la création d’entreprise. Et ensuite les vendeurs, de façon à utiliser les techniques de conseil pour que l’image soit plus vendeuse et plus en adéquation avec l’image de l’entreprise... sans jamais perdre la personnalité et tout en étant bien dans cette image! Et parallèlement à ça, je fais du conseil en image individualisé".
Ce n'est donc pas du "relooking"?
"D’autres personnes utilisent le conseil en image pour transformer, relooker les gens, et j’appelle ça du déguisement...
pour faire du sensationnel comme dans les magazines. Il y a moyen aussi, avec ce que je propose, de faire du sensationnel mais c’est peut-être plus lent parce que c’est vraiment aller rechercher en profondeur chez la personne ce qu’elle est pour la faire rayonner! Et donc, ce n’est pas moi qui vais appliquer des techniques que je n’explique pas et que je ne définis pas pour les coller sur quelqu’un en disant "voilà, je vous ai transformé, on fait la photo avant après, et demain vous ne serez pas capable de vous remaquiller, de vous recoiffer et vous ne pourrez pas sélectionner vos vêtements mais vous aurez une photo!".
La façon dont on s'habille, c'est si important?
"Et bien, il faut garder à l'esprit que lors d’une première rencontre, on essaie toujours de savoir à qui on a affaire. Et donc pendant les vingt premières minutes, on estime l’autre à 65% sur l’image, à 30% sur les attitudes et le maintien, et à 5% seulement sur ce que l’on raconte! Si pendant ces vingt premières minutes, notre image n’est pas en adéquation avec ce que l’on raconte, on perd du temps et une mise en confiance par rapport à un projet que l’on veut, par rapport à une interview, un entretien d’embauche".
Vous ne dites pas "transformer" ni "relooker" mais plutôt "révéler"?
"Tout à fait. Mais dernièrement, j’ai eu une personne qui m’a parlé de "sublimer" les gens et j’ai adoré cette expression-là!"
Stéphanie, quel est votre parcours?
"Un parcours complètement atypique! J'étais éducatrice spécialisée dans l’Aide à la Jeunesse, en pédopsychiatrie. Je travaillais avec des gens boulimiques, anorexiques, ou ayant des problèmes relationnels au corps.
Quand ça va mieux dans la tête, ces personnes ont envie de changer de tête, de style vestimentaire, retourner chez le coiffeur, refaire une garde-robe et on était, nous les éducateurs, très mal placé pour les conseiller! Mais c’était déjà une idée qui me trottait en tête. Et j’ai toujours continué à me perfectionner, à faire des recherches en analyse systémique, en programmation neurolinguistique. Déjà tout ce qui était langage du corps non-verbal, ça m’intéressait. J’avais aussi une passion pour l’art floral et j’ai travaillé comme gérante-fleuriste pendant deux ans. Après j’ai été chez Job’ In (guichet d'entreprise), sans trop savoir ce que je voulais faire mais en étant sûre que j’avais le profil de l’entrepreneure et que je voulais allier tout ce que j’aimais et en faire quelque chose de grand! Et j’ai été la première personne à passer en couveuse d’entreprise mais qui n’avait pas les capacités techniques pour pouvoir monter l’entreprise! Donc, j’ai utilisé l’argent de la bourse pour suivre une formation de conseil en image, en France".
Pourquoi en France?
"Parce qu’ils sont en avance sur nous et que leur centre est agréé et reconnu par l’Etat. En Belgique, n’importe qui peut se déclarer "Centre de conseil en image", il n’y a pas de reconnaissance du diplôme! Et je voulais un minimum de crédibilité! Aujourd’hui, je donne des formations dans quatre secteurs, Cpas, Centres de Formations en alternance, Centres de Formations pour Créateurs d’entreprise, et les entreprises".
Comment procédez-vous?
"Ça dépend des secteurs avec lesquels je travaille.
En général, je vous demande dans quel secteur professionnel vous vous voyez, puis on se présente, on dit les a priori qu’on a quand on fait appel à ce genre de secteur professionnel. Par exemple : vous attendez-vous à voir un homme en costard-cravate quand vous avez besoin d’un menuisier? Après je développe les conseils du technique en image et cet exercice est repris à la fin de la formation pour voir si les messages que vous envoyez --malgré vous-- collent au secteur, ou pas du tout! Ou si vous avez une image caméléon, c'est-à-dire qu’on vous voit partout. Quel que soit l’objectif, les techniques du conseil en image c’est le drapage. On essaie de définir quelles sont les couleurs qui vont, grâce à la loi des contrastes des couleurs, permettre à votre teint de s’illuminer plutôt que de vous ternir. Parce que toutes les couleurs ne vont pas à tout le monde!"
Comme l’idée classique qui veut qu’on possède la petite robe noire "qui va avec tout"?
"Le noir ne va pas à tout le monde mais seulement aux typologies hiver. Pour les trois autres saisons, ça va soit les attrister, soit les durcir mais en aucun cas les valoriser! Ce n’est pas plus la couleur noire qui amincit mais les couleurs sombres. Un marron va amincir aussi! Toutes les personnes ont une garde-robe "je n’ai rien à me mettre"... et ce sont toujours les mêmes vêtements. Soyez honnête avec vous-même : les vêtements que vous allez ressortir sont les vêtements dans lesquels vous vous sentez bien! Les vêtements qui restent dans le fond de la garde-robe sont des vêtements que, soit vous avez reçus, soit vous avez craqué pour la mode, et vous ne les mettez pas! Et très probablement, les couleurs de ces vêtements ne font pas partie de votre palette de couleurs! De même quand on est en retard dans sa lessive, on va toujours rechercher les mêmes vêtements à repasser et qui, eux, nous vont!"
Vous regardez aussi la morphologie?
"Oui. Il y a cinq types de morphologie. Mais il y a des particularités différentes en fonction des morphologies. On travaille sur trois grandes zones du corps, c'est-à-dire les épaules, la taille et les hanches. On va utiliser des coupes de vêtements qui vont être différentes suivant les triangles sur pointe (épaules larges, taille et hanches de la même largeur), les triangles (épaules étroites et bassin large), et les sabliers (épaules de même largeur que les hanches, avec la taille fine). Mais on peut avoir ces caractéristiques en ayant du ventre, peu de poitrine ou opulente".
Quelles sont les grosses bêtises que les gens commettent, en général?
"On ne moule pas une zone du corps qu’on a envie de cacher, que ce soit trop maigre ou trop épais! Pour les bras, pour les cuisses, pour le ventre, tout ce qu’on a envie d’estomper, on ne moulera jamais! Ce qui moule met en valeur donc il vaut mieux jouer avec des vêtements souples".
Comment ne pas craquer bêtement pendant les soldes?
"Si vous hésitez sur un vêtement, ne le prenez pas! Hésiter = renoncer. Quand on hésite, bien souvent ce sont de fausses bonnes raisons qui nous influencent : parce qu’on a une grosse réduction dessus; que ça ne tombe pas super bien mais qu’on pense qu’on va l’accessoiriser;... Ne vous laissez pas influencer par les démarques et évitez de suivre les couleurs à la mode! Craquer sur les pièces uniques?... ne jamais faire!... sauf si vous avez la tenue complète! Ni craquer sur un style qui n’est pas le vôtre".
Stéphanie, vous avez un autre projet en vue?
"Oui, un secteur que j’aimerais bien de développer : les personnes qui font de la chimiothérapie, qui ont des cancers, qui perdent leurs cheveux,
qui ont le teint grisâtre... c'est de pouvoir travailler leur image et de simplement garder l’image qu’ils avaient avant la maladie... pour qu’on ne voit pas la transformation ni les dégâts de la maladie. J’ai rencontré des responsables de services de cancérologie qui trouvent mon projet plus que bénéfique. Parce que, d'après eux, se sentir bien, c’est déjà 60% de la guérison! Le problème, c’est que les perruques sont remboursées par les mutuelles mais pas mes services. Et il faut savoir que les personnes malades sont financièrement dans l’embarra parce qu’elles arrêtent de travailler pour payer les traitements. Donc, voilà... on cherche une solution".
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