Orianne Corman, coach,

fondatrice Alta Major

Brimée dans son enfance par des parents dévalorisants, Orianne Corman pour Cité des FemmesOrianne Corman ne s'est jamais résignée à l'avis de ces derniers. Au décès de son père, Orianne a 15 ans et n'a pas d'autre choix que de le remplacer dans ses affaires de gestion de location d'appartements. Malgré le fait qu'elle n'ait pu suivre ses études, c'est à vingt ans qu'Orianne prépare le Jury d’État et réussit à obtenir son diplôme!

Loin d'être affaiblie par les épreuves de la vie, c'est une femme volontaire, souriante et pleine d'entrain qui fonde sa propre entreprise : Alta Major. Aujourd'hui maman de quatre enfants, Orianne est une femme resplendissante qui distille ses conseils auprès des patrons désireux de transmettre leurs entreprises familiales.


Quel est votre parcours ?

"Depuis l’âge de douze ans, l’être humain m’intrigue. Déjà par l’observation de mes propres parents, j’avais envie de comprendre leur comportement particulier. Mes parents m’ont toujours cassée, limitée et ne croyaient absolument pas en moi. Je subissais des violences morales et parfois physiques. J’ai dû prouver qu’une femme, c’était quelqu’un de bien, quelqu’un qui avait du potentiel et n’était pas qu’une simple "machine à reproduire"! J’étais cassée dans tout ce que j’avais envie de faire et ça m’a donné la motivation de comprendre pourquoi mes parents donnaient de la valeur aux garçons et pas aux filles. Ça a été très dur jusque l’âge de vingt ans! Je me suis réfugiée dans la lecture, je lisais quatre ou cinq livres par semaine. C’est comme ça que je suis entrée dans la psychologie de l’être humain. Quelque part, j’ai répondu à l’attente parentale puisque j’ai eu ma première fille à vingt ans. Mais je savais que quelque chose n’allait pas alors j’ai démarré une analyse à 23 ans. Et quand j’ai vu le psychanalyste, je me suis dit que c’était ce genre de métier-là que je voulais faire! J’ai d’abord commencé une formation en massages et conjointement j’ai découvert la kinésiologie pour aller mieux. C’est cette dernière méthode qui m’a apportée le plus d’évolution dans la vie! Mais il m’a fallu sept ans entre le moment où j’ai décidé et où j’ai suivi vraiment la formation! Je suis donc devenue kinésiologue et j’ai ouvert un cabinet avec des formations pour adultes".

Quel âge aviez-vous ?

"32 ans!... J'ai donné des cours de kinésiologie en reproduisant la méthode comme on me l’avait enseignée. Mais comme j'avais vu toutes les limites de cette méthode, j’ai créé ma propre approche que j’ai appelée "psycho kinésiologie". Elle n’a pas eu le succès que je voulais, même si mes élèves la trouvaient vraiment super, c’était trop exigeant! En fait, c’était un peu à la mesure de l’exigence que je pouvais avoir par rapport à moi-même! C’était presque du niveau universitaire tellement c’était condensé. Je demandais qu’on lise beaucoup et que l’on fasse un travail sur soi, mais on ne demande pas tout cela dans les autres cours de kinésiologie".

Votre soif d’apprendre ne s’est pas limitée à la kinésiologie ?

"Que du contraire! Au fond de moi, j’ai toujours eu une admiration pour les créateurs d’entreprise. Mais cela me semblait être un monde presque inaccessible. Orianne Corman pour Cité des FemmesJe cherchais aussi à comprendre les gens qui créaient de grands projets. Quelqu’un qui écrit un livre qui sera lu par le monde entier, ça me fascine! Je me demande ce qu’il y a comme magie dans un produit, une création qui fait que ça remporte l'unanimité de tant de gens... Et j’aime rencontrer les gens qui font cela. J’ai aussi remarqué que lorsque j’étais en contact avec des gens qui avaient une grande maîtrise de leurs sujets, j’étais meilleure! J’ai observé leur inspiration et cela m’a aussi aidée dans ma vie. J’ai été très gâtée parce que j’ai rencontré sur mon chemin des personnes qui m’ont montrée un univers, un intérêt. Je leur suis très reconnaissante! Ça a vraiment été ma bouée de sauvetage! Maintenant, j’ai envie de faire la même chose : inspirer les autres personnes d’y croire et de faire ce qu’il faut pour réussir. Je crois que ma mission de vie, c’est inspirer et transmettre".

C’est suite à cela que vous êtes devenue coach UHDR ?

"En fait, il y a eu une grande chute dans ma vie. À quarante et un ans, plus rien n’allait. J’ai eu une relation très mauvaise, et à la fois très initiatique, avec une personne qui m’a mise face à mes ombres. Puis j’ai pris conscience que tout ce que j’avais bâti durant ses dix ans, je l’avais fait sur la colère! Je cherchais trop la reconnaissance et même si je l’avais obtenue dans une certaine mesure, j’étais frustrée parce que je n’avais pas ce que je voulais. Je me suis retrouvée face au vide! J’ai fait une dépression... que j’ai fini par accueillir pour explorer ma grotte profonde, mes entrailles. Et j’y ai découvert des trésors! Je me suis concentrée sur ce que j’avais envie. J’ai rencontré alors Michel de Kemmeter (auteur, entrepreneur) lors d’une conférence. Et j’ai pensé que j’avais écrit quelque chose qui ressemblait à ce qu’il disait. C’est une grande amitié qui est née... Avec toute mon expérience, je l’ai amené dans mon projet d’UHDR (Universal Human Development Research, un réseau de compétences d’indépendants animés par une même passion du partage). Il faut dire, entre parenthèses, que j’avais fait un bilan au Forem qui m’avait désignée avec un profil de "direction, management". Mais n’ayant pas de diplôme universitaire, je me suis dit que je devais en faire soit une limite, soit un atout. Et rien que d’avoir choisi l’atout, d’avoir pensé à tout cela, et bien ça m’a ouvert des portes! Michel m’a soufflé l’idée que tout ce qui est transmission d’entreprise pouvait m’intéresser, ayant une expérience de dix ans d'accompagnement des personnes. J’ai donc créé ce service --qui évolue tout le temps--, d’accompagner les patrons dans l’entreprise familiale dans tout ce qui concerne la transmission de l’entreprise (ou la cession), ou aussi comment le repreneur va pouvoir se greffer dans une culture d’entreprise familiale et pouvoir faire le passage à une autre forme d’entreprise... mais dans le respect de l’entreprise! Les employés restent toujours très loyaux dans l’histoire de l’entreprise et c’est très important de le reconnaître. Ces approches peuvent aussi s’adapter aux fusions d’entreprises en tenant compte du respect des cultures d’entreprises. Cela va permettre de renforcer l’entreprise et de lui donner envie de s’ouvrir à du nouveau".

Vous êtes aussi fondatrice et directrice d’Alta Major ?

"J’ai fondé ce service dont le premier client est le réseau UHDR... Dans ce réseau, on met au point des outils que j’implémente dans l’Alta Major. Orianne Corman pour Cité des FemmesCes outils permettent de voir la cartographie soit de la personne (dans ses 12 vecteurs pour voir où elle en est, quels sont ses potentiels, quelles sont ses faiblesses), soit de l’entreprise. On a aussi mis au point la "Triple Comptabilité" qui est un outil pour évaluer l’intangible de l’entreprise. C’est un outil extra pour accompagner le patron ou l’ensemble des administrateurs d’une entreprise familiale à pouvoir évaluer avec un recul émotionnel. Chaque année, plus de deux mille entreprises se posent la question de la transmission en Belgique et beaucoup ferment leurs portes, mais c’est un patrimoine qui se perd! Je trouve ça dommage alors que c’est la richesse d’un pays, avant les grosses multinationales! Je suis dans l’étape de faire connaître ce service et je pense être la seule en Belgique à le proposer complet (Triple Comptabilité, outils systémiques, CoherenceXplorer corporel, et autres outils)".

De toutes les personnes que vous avez rencontrées, laquelle vous a le plus marquée ?

"Michel de Kemmeter, justement. Je trouve qu’il a un feu sacré! C’est quelqu’un qui a une vision plus forte que les empêchements, les embûches!"

Pour vous, qu’est-ce que ça représente d’être une femme à notre époque ?

"Une fabuleuse opportunité! Une aventure extraordinaire qui n’appartient qu’à chacun... de la faire extraordinaire. En même temps, il ne faut pas spécialement vouloir être extraordinaire mais être simplement qui on est -au quotidien-, c’est déjà fabuleux! Je ne pense pas qu’il faut être absolument extraordinaire pour réussir sa vie. Ce serait une illusion que de rechercher ça! Personnellement, chaque instant est extraordinaire... et ce moment que je partage avec vous, Brigitte, est un moment extraordinaire aussi!"