Productrice des émissions phares de la télévision belge RtbF
, Leslie Cable a le profil type de la patronne pour qui on aimerait travailler! De la simplicité, du naturel, de l'efficacité, tout cela caractérise sa personnalité. Leslie est une femme à responsabilités multiples et, si elle avoue que le métier de productrice est très dur et quelques fois ingrat, elle continue de faire de la télé parce qu'elle adore son métier!
J'ai rencontré Leslie lors de la "Spéciale st-Valentin"* qui se tournait au Palais des Congrès de Liège, fin janvier 2009.
Qu'est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier?
"Ce que j'adore le plus, c'est la page blanche de départ et de devoir créer... surtout depuis que je suis productrice, parce qu'à ce moment-là, j'ai la commande de l'émission! Tu crées sur papier l'émission que tu imagines et après ça devient concret : tu appelles les artistes, tu fais les séquences et puis, le jour où on enregistre, tu vois le résultat en concret! C'est la construction des choses que j'aime! C'est tout dans le positif, dans l'énergie, dans la construction. Trois ou quatre mois de travail, c'est comme ici une "Spéciale st-Valentin", c'est pour un prime time, un one shoot de deux heures d'antenne".
Qu'est-ce qui vous a amenée à travailler pour la télévision belge?
"On est venu me chercher! J'avais une agence artistique à l'époque et Pierre Dupond, qui avait fait des émissions comme "Tatayet Show", "Zigomaticorama", lançait "Bon Week end". Il avait besoin de quelqu'un qui s'occupait de programmation artistique et on lui a parlé de moi. J'ai commencé à mi-temps, parce que je travaillais déjà beaucoup dans mon agence et, comme le monde de la télé est passionnant, j'ai continué à plein temps".
Quelle a été l'émission la plus difficile à produire?
"Je pense que c'était "Les Allumés.be" avec Jean-Louis Lahaye et Malvira... parce que, comme c'était une hebdomadaire, il fallait trouver un concept qui tienne, trouver le moyen que ce ne soit pas lassant. Donc, le temps que les gens prennent rendez-vous, tu as les mêmes artistes qu'ils retrouvent... mais il faut éviter qu'ils se disent "Oh, c'est encore la même chose!" Donc, c'est très difficile, surtout dans l'humour!"
Est-ce qu'il y a des personnalités qui sont difficiles à avoir sur un plateau?
"On n'a jamais eu Muriel Robin
, par exemple, ou Guy Bedos. Mais je crois que ce n'est pas parce qu'ils sont réfractaires. Comme beaucoup d'autres artistes très connus en France, ils se disent qu'en Belgique on a les chaînes françaises, donc ils n'ont pas besoin d'y aller faire la promo!"
Si vous aviez des moyens énormes, disons budget illimité, vous feriez quoi?
"Je ferais en tout cas une grande émission de variétés, de divertissement et je crois que je dépenserais tout l'argent sur les invités. Je ferais plutôt un décor de lumière, comme je fais d'habitude puisque j'ai un directeur photo. Sur mes productions, j'essaie que ce soit des décors purs, très simples, mais que tout soit dans l'éclairage. Je trouve que ça donne d'office une ambiance beaucoup plus forte. Mais je mettrai tout l'argent dans les invités... et peut-être avoir un présentateur de renommée".
Vous choisissez les membres de votre équipe?
"Oui. Sur certains postes, il y a des gens avec qui j'ai vraiment des affinités, je dirais des affinités humaines et artistiques. Et j'aime bien, pour être plus rapide et plus efficace, avoir "mon" directeur photo, celui qui fait l'éclairage... et d'avoir aussi "mon" assistante à moi, Marina, qui me connaît tellement bien qu'elle peut prévoir des choses à ma place! C'est un peu comme mon ange gardien... Et puis, j'ai aussi une script avec qui j'aime beaucoup travailler. Je peux faire facilement mon équipe mais, si on me dit que je dois travailler avec une autre, je n'ai pas de problème. Et puis tout dépend aussi si j'ai des délais courts ou pas..."
En 2020, comment voyez-vous la télévision belge?
"Je crois que si on retrouve notre originalité et notre spécificité qu'on avait à l'époque Zigo, Tatayet ou Bon Week End, je pense qu'on peut encore être une télé qu'on regarde. Mais si on essaie de concurrencer les autres chaînes, de faire comme les français, ça ne marchera pas parce qu'on a moins de moyens qu'eux! Et il faut qu'on soit plus proche des gens, plus proche des belges!"
* L'émisssion sera présentée par Armelle Gysen et diffusée sur la RtbF, le 14 février 2009 (avec Quentin Mosimann, Dave, Laura Pausini, Tina Arena, Axelle Red, le Ballet Jeunesse de Joëlle Morane et Roberto Alagna).