Jeanne Cunill, sophrologue

A ses débuts, Jeanne Cunill a fait des études d'arts plastiques. Mais sa passion pour la philosophie et les relations humaines l'a poussée vers un domaine particulier : la sophrologie caycédienne.photo Aujourd'hui "master spécialiste" formée auprès du professeur neuropsychiatre Caycedo lui-même, Jeanne avoue une véritable passion pour cet outil d’harmonie corps-esprit.

"Elle me permet d’aborder en grosse partie la philosophie qui m’avait toujours interpelée et d’aborder la psychologie mais sous le regard non pas analytique, mais plutôt stratégique : voir la personne dans un ensemble, comment l’aider à pouvoir retrouver une place sereine et harmonieuse dans l’ensemble où elle se trouve... que ce soit dans la famille, le travail, la vie sociale."

La sophrologie caycédienne, ça relève de quoi?

"Elle repose sur des bases en yoga, en hypnose, en relaxation Schultze ou Jacobson, et puis également en méditation zen. On va retrouver des techniques de base de la méditation zen et puis, le grand socle de la sophrologie, c’est un courant philosophique qu’on appelle la phénoménologie, qui est une philosophie née au début du XXe siècle".

On la travaille comment?

"Elle a été créée en 1960, donc en 49 ans, le professeur Caycedo est resté dans un esprit de recherche et d’amélioration de la méthode. Il a retiré la posture couchée tout simplement parce que c’est la posture qu’on prend pour dormir! En position assise, on sent qu’il y a ces différents niveaux de conscience et que quelquefois on voyage et on va être plus éveillé. Donc, notre attention va être encore attiré par tout ce qui est extérieur, que ce soit les bruits ou bien nos pensées qui vont dans différentes directions mais que tout d’un coup, on peut être à un niveau de conscience très profond… par exemple, simplement connecté à sa respiration profonde et à tous ces phénomènes de vies au niveau corporel".

Vous travaillez en groupe ?

"Oui, il y a des ateliers groupe. Ce n’est pas de la thérapie de groupe, qu’il n’y ait pas de la confusion! Chacun vient avec ses raisons qui lui sont propres, chacun fait sa séance et puis chacun va écrire, après la séance, le sentiment dans lequel il est et tout ce qu’il aura observé pendant la séance. Après, il y a un échange verbal, et c’est vraiment lors de cet échange que les différentes personnes du groupe vont prendre conscience que elles ne sont pas toutes seules à vivre certains phénomènes ou à avoir des tensions corporelles qui restent. Ou encore, être concentrée quelques instants et puis à nouveau être partie dans les pensées qui vagabondent… et que ce sont des phénomènes tout à fait communs. On pourrait dire que c’est le consensus qui fait que chacun se sent moins isolé dans son problème".

Les pensées des participants sont souvent les mêmes ?

"Je dirais surtout les sentiments, les sensations et les perceptions aussi. Un mot qui est important en sophrologie, c’est le mot "Vivance" qui est le mot que j’ai repris pour l’asbl, parce que je le trouve très fort de sens et de réalités. Il vient du mot vivence, en espagnol. Il n’y avait pas d’équivalent en français donc c’est le professeur Caycedo qui a fait cette traduction. Vivance veut dire : une expérience qui nous transforme positivement. Vivance veut dire : plus de vies dans la vie. Et donc, lors d’une séance de sophrologie, les personnes vont vivre, ce que l’on appelle, des vivances qui vont être parfois des petits instants fugaces, mais ces instants vont prendre de plus en plus de place et devenir des moments qui vont s’installer dans la vie de tous les jours".

Ca se fait en plusieurs séances ?

"Oui, en plusieurs séances d'une heure trente, que ce soit seul ou en groupe. Il y a d’abord ce qu’on appelle le dialogue pré-sophronique, c'est-à-dire que le sophrologue va demander à chaque personne comment elle va… il faut créer une alliance avec chaque personne qui est là, et puis il va y avoir l’explication du protocole. On ne fait jamais deux fois la même séance. Le principe de la sophrologie est évolutif. On va évoluer dans un atelier de huit séances, c’est le minimum de ce que je propose".photo

Quel type de clientèle avez-vous?

"Une majorité de femmes, bien que, depuis un an il y a un peu plus d’hommes. Des enfants aussi, qui ont du mal à gérer leurs émotions (comme la colère). Je suis spécialisée en sophrologie ludique ainsi qu’en préparation à la naissance et la parentalité. Donc, je reçois des femmes enceintes, des couples qui attendent l’arrivée d’un enfant. Mais il y a parfois des personnes plus âgées. Il m’arrive de faire des démarches dans des associations, par exemple avec les aveugles".

A côté de cela, vous avez fondé le "Club du Rire"?

"Il est créé voici trois ans et c’est un grand moment de bonheur. C’est une approche qui peut être très surprenante pour certaines personnes. Chacun vient quand il veut. La séance est structurée d’une certaine manière, et puis mon regard vigilant pour chacun qui va me permettre d’agir comme il le faut, au moment où il le faudra. Je propose cela aussi dans le monde du travail, en entreprises".

Des vœux pour les internautes?

"Il faut avoir conservé une étincelle de chaos en soi, pour donner naissance à une étoile qui danse!, disait Nietsche."

Brigitte Mairiaux, 22/12/2008

Le site internet de (clic droit) : Vivance.

Vivance asbl, 22 rue des Vennes à Liège. Infos : (0032) 42 277 331