Ernesta Silva, artisane de sacs brésiliens

Pas toujours évident de quitter son pays natal, surtout lorsqu'il est gorgé de soleil comme le Brésil! Mais pour Ernesta Silva, l'amour de la Belgique et de la neige ne s'explique pas mais se vit au quotidien depuis douze ans...

Ernesta Silva pour PIKIAu début de l'année 2009, Ernesta Silva a lancé PIKI, sa propre marque de sacs brésiliens. Rencontre d'une artisane passionnante au petit accent si charmant!...

Vous êtes née au Brésil?

"Oui, à Goiás. J’y étais institutrice pour adolescents".

Qu’est-ce qui vous a donné l’envie de venir en Belgique?

"Ernesta Silva pour PIKIJe voulais partir du Brésil pour aller en France. Mais un ami professeur et écrivain (installé à Goiás) ayant encore de la famille à Dalhem, en Belgique, m’a proposé d’aller là-bas plutôt qu’en France. Je suis arrivée à Liège en 1987 et j’ai fait venir ma petite fille de huit ans, cinq mois après. Par rapport à mon pays, la Belgique est toute petite, mais ça m’a plu de suite parce que je la trouve belle et les personnes sont vraiment accueillantes à mon égard. Et j’aime le climat! Chez nous, on a trop de soleil et ici... il y a de la neige! (rires)".

Comment est née votre passion pour les sacs?

"Un jour, j’ai eu l’envie de faire mon propre sac. Il a eu tellement de succès auprès des amies de ma fille que j’ai décidé de me lancer dans la création de sacs! J’en ai fait une centaine en quelques mois. Je travaille seule... pour le moment. J'assemble les sacs sur ma machine et les finitions sont à la main, les fleurs et autres décorations aussi".

Quelle est votre clientèle?

"Ernesta Silva pour PIKIAu début, c’était beaucoup des jeunes, des étudiantes qui étaient avec ma fille. Maintenant, j’ai une clientèle diversifiée, y compris des enfants. Ça m’arrive de faire les magasins de tissus avec ma cliente pour trouver son tissu! Je crois aussi que l’originalité de mes sacs plaît autant que le prix (entre 40 et 60 euros)".

Vous avez choisi PIKI comme marque?

"C’est le nom d’un fruit jaune que l’on trouve dans ma région. Il se cuisine généralement avec de la viande".

Où puisez-vous votre inspiration?

"Quand je vois les sacs que portent les femmes dans la rue, je retiens des petits détails qui me plaisent. Je mélange alors tout ce que j'ai retenu pour créer des sacs qui sont à chaque fois différents. Au Brésil, on est très créatif aussi et chaque fois que je retourne là-bas, je suis impressionnée par les petites choses qu’on invente et que je ramène ici".

Quelles sont les matières que vous travaillez?

"Ernesta Silva pour PIKIDu velours, de la soie, de la laine mais beaucoup plus de coton. Les décorations de fleurs ou d’insectes sont en voile, en organza, en feutrine. J’aime bien faire des sacs réversibles ou encore mettre des petites poches différentes. Et ils ont tous un étui pour le portable (gsm)!"

En plus des sacs, vous faites des bijoux?

"Quelques boucles d’oreilles et des colliers. Je fais aussi des trousseaux pour les bébés, des doudous, des garnitures de berceaux par exemple".

Qu’est-ce qu’on vous demande le plus?

"Souvent c’est une belle doublure. Le côté réversible avec des couleurs différentes a du succès aussi!"

Vous travaillez sur commande?

"En général oui, mais je vends aussi les sacs qui sont destinés à l’exposition. On peut voir mes créations sur mon site internet (qui sera modifié courant 2009). J’ai des commandes pour la Belgique mais aussi pour l’Allemagne".

Ça vous apporte quoi de créer?

"Ernesta Silva pour PIKIBeaucoup de tranquillité. J’aime bien coudre et créer des sacs".

Vous avez participé à des expositions?

"Oui, au "Cheval Bleu", aux "Ardentes" de Liège, et prochainement je serai à "Retrouvailles" au Parc de la Boverie".

Dans l’avenir, comment voyez-vous PIKI?

"J’espère avoir mon propre atelier-boutique... mais pas de magasin parce que je trouve ça trop commercial. J’aimerais que ma marque soit de plus en plus connue comme Yves Saint Laurent, par exemple (rires)!"

Pour vous, ça représente quoi d’être une femme, à notre époque?

"Je suis ravie d’être une femme! Parce que je pense qu’aujourd’hui les femmes sont vraiment indépendantes. C’est une vraie révolution par rapport à mon époque, même si j’étais déjà très indépendante et un peu hippie sur les bords! J’aime être une femme avec un grand F!"

Brigitte Mairiaux, 16/08/2009